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Raphael en OctobreSamedi 21 octobre à 21h à la Ravine Saint-Leu /Renseignements: Otebiyé: 0262 300 800 ou le K: 0262 34 31 38. Tarif unique: 35 euros.Celui qui nous a transporté dans sa “Caravane” de nombreuses semaines, qui a raflé de nombreux trophées lors de la cérémonie des Victoires de la Musique: artiste interprète masculine de l'année, album de chansons variétés, chanson originale de l'année sera en concert à La Réunion en octobre. David Saman accompagné de ses musiciens vous présentera son album “Kestion la vie” en première partie de ce concert.
En concert à la Ravine St Leu
Un visage émacié androgyne, une voix inouïe, un discours sans concessions sur le monde d'aujourd'hui sous de multiples influences musicales, Raphael envoûte ou agace.
Raphael Haroche voit le jour à Boulogne, en banlieue parisienne, d'un père russe et d'une mère argentine, le 7 novembre 1975. La profondeur des chants slaves et l'énergie des rythmes sud-américains bercent l'enfance de ce fils d'avocats qui, dès son plus jeune âge, se passionne pour la musique et fait ses gammes sur le piano familial. A l'âge de sept ans, il découvre David Bowie et se fascine pour l'univers baroque du créateur de "Ziggy Stardust". Plus tard, ses références iront d'Iggy Pop à Bob Dylan, de Noir Désir à Jacques Brel ou Léo Ferré. Touche-à-tout, Raphael s'intéresse un temps au saxophone dans son adolescence, mais il comprend vite que son besoin de liberté nécessite une compagne aventurière qui a fait ses preuves, la guitare. Accessoirement, les samplers et les ordinateurs permettent à l'artiste en herbe de composer ses premières chansons, tout en poursuivant ses études qui le conduisent vers Hypokhâgne - il n'y reste que trois jours -, puis en faculté de droit. Locataire de l'Hôtel de l'Univers Finalement, son désir d'aller jusqu'au bout de sa passion amène Raphael à cesser son parcours universitaire pour se consacrer la musique. Un repli sur la création de trois ans lui est nécessaire, tout juste interrompu par quelques figurations au cinéma. Sa rencontre avec Caroline Manset (la fille du chanteur Gérard Manset) est déterminante. Elle devient son manager et l'encourage à présenter une première maquette auprès des maisons de disques. A 24 ans, le jeune homme a déjà du talent et de la chance, puisque son premier rendez-vous chez EMI est concluant, la maison d'édition signe son premier album pour lequel il jouit d'une totale liberté pour sa réalisation. Cet "Hôtel de l'Univers", pour Raphael, c'est «une métaphore de la vie, nous sommes locataires du monde, on fait notre vie et on s'en va». Sa protectrice signe quatre titres dont la chanson qui donne son nom à ce premier opus. L'auteur pose un regard critique sur la société de consommation ("Cela nous aurait suffi", "Qu'on est bien dans ce monde") et décrit avec tendresse ou humour féroce les relations amoureuses ("Laisse faire, Libre-service"). Sous l'influence des figures de la pop et de la chanson traditionnelle qui l'ont fait grandir, Raphael imprime sa griffe sur le renouveau du rock français du troisième millénaire. Un Kerouac des temps modernes Pour Raphael, l'écriture est un exutoire et il a une facilité déconcertante lorsque la muse le visite, pour écrire ses textes en quelques minutes. Ce grand amateur de littérature a pour compagnons de chevet Jack Kerouac ou William S. Burrough, des auteurs américains, révoltés ou marginaux qui ont baigné ses jeunes années. Plutôt attiré par les sons travaillés en studio, les arrangements fignolés jusqu'à plus soif, Raphael doit faire ses preuves face au public, et il apprend vite… Après la sortie de son premier album, Raphael découvre la scène en première partie de Vanessa Paradis, à Paris et en tournée. On le retrouve également en lever de rideau de Frank Black, l'ancien chanteur des Pixies, ou de Jean-Louis Aubert. Une nomination aux Victoires de la Musique, en tant que Révélation de l'année, vient couronner ces débuts prometteurs en 2002. Comme un bonheur n'arrive jamais seul, il se produit en première partie de son idole de toujours David Bowie, à l'Olympia. 2003 : "La réalité" Au printemps 2003, sort le second album de Raphael "La réalité", à la tonalité beaucoup plus posée que le précédent, où le piano remplace les riffs des guitares saturées. A 27 ans, il écrit et compose toujours ses chansons, avec toutefois deux interventions notables de Gérard Manset ("La mémoire des jours"et "Etre Rimbaud"). Deschroniques de la petite enfance, des chansons de révolte ou d'amitié, constituent les douze titres d'un album réalisé par Jean Lamoot, qui a collaboré avec Alain Bashung, Noir Désir ou encore Indochine. Un duo à succès symbolise le sens de la fraternité chère à Raphael. Jean-Louis Aubert le rejoint "Sur la route", pour une chanson qui lui a été inspirée par deux vendeurs de roses venus des pays de l'Est, qu'il croisa dans un train de nuit à Bruxelles, un 31 décembre. Ce premier extrait séduit et touche une large audience. Après un passage remarqué à l'Olympia le 14 octobre, le quatrième trimestre 2003 permet à Raphaël et ses musiciens de partir en tournée, à la rencontre d'un public déjà acquis ou à conquérir… Celui que l'on comparait à Damien Saez au début de sa carrière prend désormais une route qui n'appartient qu'à lui. 2005 : "Caravane" Alors qu'il a réalisé un bon score en vendant 160.000 exemplaires de "La réalité", il s'attaque rapidement à l'écriture de l'album suivant. "Caravane", sort en mars 2005. Il a fait appel à Carlos Alomar, guitariste de Bowie, qu'il admire depuis longtemps, mais aussi à Jean Lamoot et au producteur Dominique Blanc-Francard. Les textes sont sensibles, parfois graves ("Et dans 150 ans"), parfois euphoriques ("C'est bon aujourd'hui"), toujours servis par une voix caractéristique qui en emmène certains dans quelques rêveries ("Caravane"). Le succès est au rendez-vous et ce dernier titre sorti en simple passe sur toutes les radios. En février 2006, fort de son million d'albums vendus, le jeune homme rafle plusieurs trophées lors de la cérémonie des Victoires de la musique : Artiste interprète masculin de l'année, Album de chansons variétés, Chanson originale de l'année pour "Caravane" (vote du public). Alors en tournée dans toute la France, Raphael se produit aussi à l'Olympia à Paris du 21 au 23 mars. Mars 2006 (SOURCES RFI Musique) Ne partons pas fachés PARFOIS, la corde sensible à la connerie fait grève. On ne sait pas ce qui lui prend , mais elle ne répond plus. On a beau la titiller, la solliciter, tenter de l'émouvoir en forçant la dose de panurgisme de vulgarité, de balourdise, rien. L'exemple le plus récent : l'échec de « la Ferme 2 ». Ces derniers jours, les cerveaux indisponibles de TF1 ont eu beau essayer tous les trucs du métier qu'ils connaissent , la vulgarité crasse, le voyeurisme (dans le « confessionnal », les « fermiers » dégoisent abondamment les uns sur les autres), le mépris affiché, rien à faire, l'audience à continuer de s'effondrer. Et du coup le prix du spot de pub, et du coup le moral de Le Lay. Seulement 5 millions de téléspectateurs, il va falloir lâcher l'affaire. Ah, les cons, ils nous résistent ! Parfois aussi, et on ne sait toujours par quel mystère, surgissent des objets non identifiés qui ne cherchent pas à faire vibrer la corde sensible et qui, curieusement, cartonnent. Ainsi, en ce moment le numéro 1 des ventes de disques est un album signé Raphael. On peut bien sûr détester sa voix haut perchée à la Christophe, sa jolie gueule androgyne, ses textes sentimentaux, ses ritournelles entêtantes. N'empêche : c'est un petit miracle. Voilà un jeune homme qui écrit, compose, chante, orchestre ; dont c'est le troisième album ; qui n'est pas passé par « l'école des stars », ni « Star Academy » ; qui n'a rien de formaté, de fabriqué, de calibré ; qui a juste été parrainé par un poète aussi méconnu qu'ombrageux, Gérard Manset. Et, surprise, loin de toute vulgarité, de toute lourdeur ou complaisance, son album enchanteur enchante. Pourquoi ? Sans doute parce qu'il a la grâce. Ce truc qui paraît un peu ridicule et désuet à l'heure des recettes de marketing. Ce truc si fragile qu'ont les poètes, oui, ces personnages ringards qui font des rimes, croient au pouvoir des mots, et en quelques phrases créent des mondes. De quoi parle Raphael dans cet album ? Des choses très banales. De l'amour, de la séparation, du fait qu'on sera tous morts dans cent cinquante ans, du dur désir d'être heureux... Et aussi, mine de rien, sans que cela sonne militant ou larmoyant, de ceux qui essaient de renter sans papiers dans l'espace Schengen. Ou du SDF « trouvé un matin raide comme un parchemin ». Dès son premier album, Raphael évoquait nos vies à la fois repues et étriquées. On n'aurait pas parié un cachou sur son succès. Normalement, dans ce monde marchandisé, il aurait dû rester confidentiel... Morale de l'histoire : certains hommes politiques particulièrement agités, qui ont décidé très ostensiblement de ne jouer que sur la corde sensible à la connerie, devraient y prêter attention : si étrange que cela puisse paraître, ce n'est pas toujours celle-ci qui répond. Article de Jean-Luc Porquet / LE CANARD ENCHAINE Lu 997 fois
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