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Dimanche 18 Mai 2008
9:23

Rachid Taha / France-Algérie (chanson)

L'esprit de révolte est aujourd'hui quelque chose qui manque cruellement à la chanson française. Heureusement, il y a Rachid Taha qui, lui, continue à gueuler pour secouer les conformismes, le racisme, et toutes les formes d'exclusion. Le tout sur une musique inventive qui apporte un métissage très particulier, à nul autre comparable. A tous les niveaux, Taha dérange. Et c'est tant mieux !





Rachid Taha est né à Oran (Algérie) le 18 septembre 1958. Il débarque en France en 1968 avec sa famille qui s'installe d'abord en Alsace, puis dans les Vosges. Il y découvre l'hiver, les classes de transition et le racisme brut des enfants qui répètent ce qu'ils entendent chez eux. Son père qui souhaite le voir réussir, le place alors dans une institution religieuse (catholique).



En 1979, Rachid Taha quitte le foyer familial et devient VRP (vendeur représentant placier). Il sillonne alors la France pour vendre des ouvrages de littérature française. Puis il finit par retourner dans sa famille installée entre temps dans la banlieue de Lyon. Il vit alors de petits boulots jusqu'en 1981 où il entre à l'usine. Il y rencontre Mohammed et Moktar, deux autres jeunes respectivement guitariste et bassiste, et avec lesquels il va commencer à chanter.


C'est la période de poussée de fièvre de l'opinion publique concernant l'immigration, et où la première génération des enfants nés en France de parents algériens commence à réagir face à l'exclusion et aux violences racistes. Le groupe se trouve alors un nom directement lié à l'actualité, Carte de séjour.


En 1982, un producteur les aide à sortir un maxi-45 tours de quatre titres. Succès d'estime. En 1984, sort leur véritable premier album, "Rhoromanie", enregistré par Steve Hillage, ex-membre du groupe Gong.


Puis en 1986, paraît leur deuxième album, "Deux et demi", d'où est extrait la reprise d'une chanson de Charles Trenet, "Douce France". Réorchestré avec des sonorités arabes, ce titre provoque sourires ou grincements de dents, mais aussi un vrai tapage médiatique. La chanson, victime de son succès, cache tous les autres morceaux de l'album qui sont, eux, tous en arabe.


C'est en 1989 que Carte de séjour se sépare après une tournée en Allemagne. Rachid Taha se retrouve alors à Los Angeles où il réalise une maquette avec Don Was, du groupe Was not Was. Projet sans suite.


C'est à Oran qu'il va se ressourcer réellement. Il travaille sur d'autres maquettes qui donneront en 1991 son premier album solo, "Barbès", du nom d'un quartier très métissé de la capitale française. Malheureusement, sorti au moment de la guerre du Golfe, le disque fait l'objet d'une mise à l'écart de la part des radios.


1993, Steve Hillage reprend du service pour produire le second album de l'artiste, "Rachid Taha". Les textes se font plus mordants et la musique relie l'Afrique à l'Europe. Le titre "Voilà Voilà", très dansant, est remarqué par les DJ anglais qui le propulsent dans les charts spécialisés.


Le troisième album solo de Rachid Taha, "Olé Olé" sort en 1995. Enregistré à Londres avec son complice Steve Hillage, le disque est un mélange de techno-ethno naviguant entre chaâbi algérien, mariachis mexicain ou (cithare arabe) et guitare électrique, mélange emprunt d'échos de mélos indiens et d'accordéon cajun.


Adepte d'une musique hors des sentiers battus, Rachid Taha n'a qu'une devise : "Je ne changerai pas de route à cause de mon nom et je ne changerai pas de nom à cause de ma route". Après quinze années d'expérience, le chanteur sort un double CD de ses meilleurs titres, "Carte blanche" en 97.


L'année suivante, il revient avec un album de reprises. "Diwan" regroupe en effet des compositions chaabi de Dahmane El Harrachi ou de Mohamed El Anka, une chanson de Farid El Atrache ainsi qu'un morceau du groupe marocain, Nass El Ghiwane. Produit par Steve Hillage, cet album propose une nouvelle approche du répertoire des vedettes orientales. Rachid Taha, fort de ses expériences diverses, nous propose ici un disque abouti et curieusement très actuel. En effet, "Ya Rayah" titre qui était déjà présent sur "Rachid Taha" en 94, a fait du chemin. Devenue un tube, cette chanson figure maintenant sur "Diwan".


Taha part en 98, pour une méga tournée. On le voit un peu partout en France, il écume aussi les festivals : le festival d'Eté de Québec, les Francofolies de La Rochelle, Vive la World aux Etats-Unis, la route du Rock à Saint-Malo, etc. On le retrouve sur une scène parisienne le 26 septembre à Bercy avec les deux raïmen Khaled et Faudel. Ensemble, ils proposent un véritable show intitulé "1,2,3 soleil" dont la direction musicale et la mise en scène sont confiées à Steve Hillage. On y voit un Taha véritablement déchaîné et très content de pouvoir haranguer un public de près de 15.000 personnes.


Nouvelle expérience au printemps 99 avec deux concerts au Caire et à Alexandrie. Taha qui a déjà chanté au Maghreb et au Liban, n'avait jamais mis les pieds en Egypte. Le concert de la capitale n'attire pas moins de 2500 personnes, aux deux tiers égyptiennes. L'ambiance et chaude et a raison d'un service d'ordre pour le moins présent. Le public est enchanté même sil ne comprend pas toutes les chansons interprétées dans un arabe différent du leur. Après Khaled et le raï, Rachid Taha ouvre donc une nouvelle brèche avec le chaabi. Preuve en est le succès des cassettes de "1,2,3 Soleil".


2000 est l'année de sortie d'un nouvel album, "Made in Medina", célébré par la critique. Savant cuisinier des influences socio-musicales, des voyages, des senteurs d'ici et d'ailleurs, Rachid Taha réussit une nouvelle fois mélanges savoureux entre rock, électro et tradition. Steve Hillage fait encore partie du voyage musical, entre l'Afrique, l'Europe et les Etats-Unis version Nouvelle-Orléans. Plusieurs artistes d'horizons différents viennent apporter leurs propres couleurs : le groupe féminin marocain B'net Marrakech et les Louisianais, Galactic. Rachid Taha rode son nouvel album sur la scène de la Fiesta des Suds à Marseille fin octobre et se produit le 8 novembre à Paris à l'Elysée-Montmartre.


L'année 2001 est celle de tous les voyages pour Rachid qui cette année-là, effectue une tournée non stop avec une large partie internationale. Tout le printemps est consacré à la France, puis comme souvent, il monte sur la scène de quelques festivals d'été tels Solidays le 7 juillet, les Francofolies de la Rochelle le 15 ou le Paléo Festival de Nyon en Suisse. Ne craignant pas les allers et retours, on le voit fin juin à Ottawa au Canada puis le 22 juillet à Los Angeles.


Mais c'est au cours de la seconde partie de l'année qu'il effectue une grande tournée exceptionnelle et triomphale en Asie (Singapour, Indonésie, Malaisie, Vietnam, Cambodge, Chine, Tokyo) avant de s'envoler pour l'Australie en octobre via une date en Nouvelle Calédonie. Le succès est là et partout, Taha parvient à enthousiasmer des publics de cultures diverses.


Toujours en voyage, Rachid Taha participe au Womad de Caceres en Espagne en mai 2002, puis au festival Couleur Café à Bruxelles. Enfin, avant l'té, il chante à Athènes le 16 juin. L'année 2003, est de la même façon une année de tournée parallèlement à la préparation d'un nouveau disque. En juillet, il est invité des Francofolies de Montréal.


Le rocker, toujours un peu "destroy", sort un nouvel album en septembre 2004 intitulé de façon lapidaire, "Tékitoi ?". Enregistré entre Paris, Londres et Le Caire, il est produit par le compagnon de longue date, l'Anglais Steve Hillage. Toujours aussi percutant, Rachid Taha évoque dans ses chansons les maux du monde actuel, la corruption, la guerre, le racisme, etc. Mais les questionnements plus personnels viennent aussi ponctués ce disque. Des collaborations aussi prestigieuses que celles de Brian Eno ("Dima !") ou Christian Olivier des Têtes Raides ("Tekitoi ?") viennent donner une dimension cross-over à l'ensemble. A noter aussi un hommage à Joe Strummer des Clash avec le titre "Rock El Casbah" que Rachid Taha interprète avec pertinence. Rachid Taha enchaîne sur une série de concerts à travers la France, et notamment le 25 octobre au Bataclan à Paris.


Il prend ensuite la route sur différents continents : on le retrouve entre autres en mai 2005 en Russie pour deux concerts aux côtés de Brian Eno, le compositeur anglais. A Londres, en invité du Festival Meltdown dont la programmation est assurée par Patti Smith (17 juin). En tournée aux Etats-Unis, fin juin-début juillet. Il écume aussi les festivals : Musiques Métisses à Angoulême, le Festival d'Eté de Québec, les Vieilles Charrues à Carhaix, Art Rock à St Brieux, etc.


Toujours tiraillé entre tradition et modernité, Rachid revient en octobre 2006 avec "Diwan 2", deuxième opus de reprises de chansons de son Maghreb natal. Chantées en français, en arabe ou encore en francarabe, ces mélodies rappellent l'ambiance enfumée des cafés de Barbès ou d'Oran, voire du Caire. "Ecoute-moi Camarade" interprété autrefois par Mohamed Mazouni, les standards de la chanson oranaise que sont "Rani M'Hayer" et "Mataoul Dellil", "Gana El Hawa" rendue célèbre par le crooner égyptien Abdel Halim Hafez ou encore "Ghanni Li Shwaya" de Oum Kalsoum nous entraînent sur le chemin de la nostalgie. A noter aussi une reprise de la chanson "Agatha" du Camerounais Francis Bebey et deux compositions de Rachid Taha lui-même, "Joséphine" et "Aah mon amour". Façonné par le compère de toujours Steve Hillage, "Diwan 2" est largement soutenu par l'Ensemble de cordes du Caire. Rachid Taha reprend ses concerts dès le mois d'octobre et présente ainsi son nouvel album.


Si Rachid Taha montre parfois un profil de provocateur, élevant souvent la voix contre l'intolérance et le racisme, il fait désormais partie intégrante de la culture métissée française. Il en est même un pionnier.


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1. Posté par Gozzi le 27/07/2007 20:22
Bonjour,



Albert, un Breton du terroir, un fils de paysan, né en 1934 (73 ans), parle
de sa jeunesse jusqu'à l'âge de 23 ans où il acheva son service militaire
obligatoire en Petite Kabylie. En 1956 et 1957, cet homme bon et sensible
participa contre son gré à la guerre dite de « pacification et de maintien
de l'ordre », un épisode atroce qui cache bien son nom. Il est revenu dans
sa belle province, la Bretagne, traumatisé par l'expérience vécue en
Algérie, comme la plupart de ses camarades de régiment.

Il témoigne et nous raconte ce qu'il a vécu : la dure vie dans le bled, les
marches forcées sur les djebels, les ratissages du terrain, les contrôles
des villages qui ont pour noms : Béni-Ourtilane, El-Maïn, Bouhamza, Freha,
Djahnit, Ouled Sidi Idir, les combats, les traquenards et les atrocités
perpétrées par l'un et l'autre camp. Mais aussi, cet homme pacifique, soumis
aux ordres de ses supérieurs et contraint d'obéir, réprouvait dès le départ
une guerre qu'il juge perdue d'avance - on ne lutte pas contre un peuple qui
combat pour la liberté et aspire se libérer du joug de la colonisation-, et
il ne cache pas sa sympathie pour les population kabyles victimes de la
guerre. A ces « pauvres parmi les pauvres », les soldats français, qui
avaient souvent faim et soif, prenaient encore leurs maigres réserves de
nourriture, et augmentaient leur dénuement. Pendant qu'il « crapahutait »
dans les djebels, et qu'il assistait, contre son gré, à des scènes pénibles,
Albert fit la promesse de témoigner. Quarante huit années après son retour d'Algérie,
il témoigne, parce que, en son âme et conscience, il ressent toujours le
poids énorme de la barbarie. Combien de jeunes du contingent, qui ont connu
les horreurs de la guerre d'Algérie, ont osé témoigner ? Presque pas ! Le
mal reste au fond des mémoires, plus insidieux qu'un serpent. Certains se
sont suicidés, la plupart se sont tus, renfermant à tout jamais leurs
terribles souvenirs ; ils en souffriront jusqu'à la mort.



Sous la dictée d'Albert, j'ai écrit un livre de témoignages
Il s'intitule : La Jeunesse d'Albert.

Il vient d'être édité chez LIV'EDITIONS, au Faouët. (56320) BP 15.



Site du livre :

http://60gp.ovh.net/~livediti/index.php?b=livre_fiche&id=247&PHPSESSID=7ce816ce120bdae70eb81102f5d7a6a6



Sincères salutations


Marcel Gozzi

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