1. Réformes institutionnelles
Si vous êtes élu-e, mettrez-vous en œuvre une réforme de l’article 1 de la Constitution, afin
d’enrichir le principe d’égalité, qui devra alors s’appliquer « sans distinction d’origine, de
religion, de sexe, de handicap, de situation de famille, d’apparence physique, de patronyme,
d’état de santé, de caractéristiques génétiques, de mœurs, d’orientation sexuelle, d’identité de
genre ou d’âge » (selon la liste des motifs de discriminations usuellement interdites par la loi) ?
En trente ans de vie politique, j’ai appris une chose : ce n’est pas parce qu’on en dit beaucoup qu’on dit
des choses fortes. Notre Constitution est claire. Le principe d’égalité en est un des fondements et cela
emporte évidemment l’interdiction de toutes les formes de discrimination. Il me paraît plus utile de
prendre, lorsque c’est nécessaire, les dispositions juridiques permettant de faire respecter cette
interdiction. C’est ce que j’ai fait en 2003 avec l’introduction, dans la loi de sécurité intérieure, d’une
circonstance aggravante en cas de crime ou de délit motivé par des raisons homophobes. Ou encore ce
qu’a fait le gouvernement en créant la HALDE fin 2004.
Signerez-vous et ferez-vous ratifier le Protocole 12 à la Convention européenne de sauvegarde
des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, pour une interdiction générale des
discriminations ?
La France a souhaité, avant de signer ce protocole, attendre de connaître l’application qui en serait
faite, notamment en ce qui concerne la question de la reconnaissance des minorités nationales. En
effet, celles-ci figurent dans le champ d’application du protocole. Or, la reconnaissance de minorités va
à l’encontre, en France, du principe d’indivisibilité de la Nation auquel les Français sont attachés. Par
ailleurs, l’article 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés
fondamentales interdit d’ores et déjà les discriminations, ce qui a permis à la Cour européenne des
droits de l’homme d’exercer depuis longtemps sa vigilance sur cette question et de développer une
jurisprudence très protectrice.
Négocierez-vous avec vos partenaires européens une application effective de la Charte des
droits fondamentaux dans les États de l’Union Européenne, qui aurait alors des effets
contraignants ?
C’est déjà ce qui était prévu dans le projet de Constitution européenne, en faveur duquel je m’étais
engagé lors du référendum organisé en 2004. La Charte constituait en effet la 2ème partie du projet de
Constitution. Je suis attaché à ce que ce texte, qui proclame pour tous les pays de l’Union européenne
un certain nombre de droits, acquière une force juridique contraignante.
2. Couples
Êtes-vous favorable à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, avec tous ses effets,
incluant notamment la possibilité pour un couple marié d’adopter ?
Je veux reconnaître la sincérité et la stabilité de l’amour entre personnes homosexuelles. Le PACS ne reconnaît pas assez la dimension sentimentale et sociale du couple homosexuel. Il me parait essentiel
de permettre à ces couples de pouvoir ancrer socialement leur union, en leur accordant des droits
sociaux, patrimoniaux, fiscaux ou encore des droits au séjour, de la même force que ceux conférés par
le mariage. L’attente de nombreux Français d’une égalité des droits et des devoirs pour tous les couples
ayant souscrit un véritable engagement de conjugalité est légitime. Elle doit cependant respecter les
croyances et le modèle familial auxquels se rattache l’institution du mariage. C’est pour cela que je
propose de créer une nouvelle forme d’union civile, « l’union », dispositif juridique similaire au mariage
civil à l’exception des aspects relatifs à la filiation et à l’adoption.
Êtes-vous favorable au maintien et à une amélioration du pacs, qui permettrait en particulier une
égalité des droits sociaux et fiscaux entre les couples pacsés et mariés, soumis aux mêmes
obligations de solidarité et d’assistance ?
Je tiens tout d’abord à faire remarquer qu’en tant que ministre de l’Economie et des finances, j’ai déjà
profondément amélioré le PACS grâce à la loi de finances pour 2005 qui a permis la suppression du
délai de trois ans préalable à l’imposition commune sur les revenus du couple, et du délai de deux ans
préalable à l’application de la fiscalité spécifique aux donations consenties entre pacsés. En matière de
droits de succession, en cas de décès de l’un des partenaires, le bénéfice, jusque-là réservé aux
couples mariés, de l’abattement de 20% sur la valeur de la résidence principale occupée par le
partenaire survivant a ensuite été étendu. Le régime fiscal des SARL de famille a également été étendu
aux personnes liées par un PACS. Pour l’avenir, à mes yeux, l’union a vocation à remplacer le PACS et
à assurer l’égalité des droits. Il faudra prévoir une solution de transition. En effet, il faut que ceux qui ont
choisi le PACS et voudraient le garder puissent le faire.
Êtes-vous comme nous opposé-e à la création d’un statut spécifique pour les couples de même
sexe ?
Je suis pour le respect de toutes les différences. Mais précisément, à mon sens, cela ne signifie pas
forcément fondre tout le monde dans le même moule juridique. Mon but est de reconnaître socialement
un amour et de donner des droits au couple né de cet amour. L’union que je propose pourra être
conclue en mairie. La preuve de son existence ou de sa nullité sera donnée sur un mode identique à
celui du mariage. Sa dissolution fera appel à la procédure de divorce actuellement en vigueur. Les
personnes unies de la sorte auront la possibilité de porter le même nom et auront des liens par alliance
avec les membres de la famille de leur conjoint. Cette union créera entre conjoints une obligation d’aide
mutuelle et matérielle. Le régime patrimonial sera identique à celui des couples mariés. Les conjoints
hériteront l’un de l’autre comme des époux. Ils seront considérés comme des époux sur le plan fiscal et
social (droit du travail, protection sociale) et pourront à ce titre bénéficier des régimes de prévoyance ou
se voir accorder une pension de réversion en cas de décès de l’un des conjoints.
L’union sera-t-elle ouverte aux couples hétérosexuels et homosexuels ? Je m’interroge. Je vois
l’inconvénient de la solution consistant à réserver l’union aux couples homosexuels. En même temps,
ne soyons pas hypocrites. Quel serait l’intérêt pour un couple hétérosexuel de signer une union plutôt
qu’un mariage ?
Souhaitez-vous conserver la souplesse des conditions de dissolution d’un pacs ?
Le succès du PACS tient, pour nombre de ses signataires, à sa souplesse. Cependant, comme je l’ai
précédemment indiqué, je souhaite que, progressivement, l’union remplace le PACS, tout en
ménageant une période de transition.
Êtes-vous favorable à une amélioration du droit au séjour pour les personnes étrangères
pacsées avec un-e Français-e ?
En tant que ministre de l’Intérieur, j’ai pris deux circulaires permettant aux étrangers pacsés avec des
Français d’obtenir un titre de séjour dans les mêmes conditions que pour les couples mariés, et même
dans des conditions plus favorables depuis que la loi de 2006 sur l’immigration est entrée en vigueur. Il
n’était pas possible de faire la même démarche dans la loi directement car, le risque de fraude étant
encore plus facile avec le PACS qu’avec le mariage, nous aurions été débordés par une nouvelle filière
d’immigration, ce que ni les associations concernées, ni moi-même ne voulaient. Je suis donc allé très
loin par circulaire pour reconnaître aux étrangers pacsés des droits. La loi ne m’y obligeait nullement. Je
ne le regrette évidemment pas. Pour l’avenir, l’union donnera à ses membres les mêmes droits que le
mariage en matière de droit au séjour en France, avec les mêmes limites. Cela donnera plus de solidité
juridique au dispositif, ce dont je me réjouis.
Par quels moyens institutionnels comptez-vous faire aboutir ces réformes éventuelles (projet de
loi ou proposition de loi) et sur quel calendrier ?
Si je suis élu, l’union sera créée par la loi dans le courant de la session d’automne 2007.
3. Parentalité
Êtes-vous favorable à l’ouverture de l’adoption, simple aussi bien que plénière, à tous les
couples, mariés, pacsés ou concubin, homo- ou hétérosexuels ?
Je considère que le modèle de famille s’organise autour d’un père et d’une mère. C’est un modèle
biologique dont découle un modèle social. On ne peut certes nier que, dans la réalité, il y a des couples
homosexuels qui élèvent des enfants. Ils le font aussi bien que des couples hétérosexuels, mais cela ne
nous autorise pas, c’est ma conviction, à inscrire dans la loi que la famille, ce peut-être un père et une
mère aussi bien que deux pères ou deux mères. Pour autant, je considère qu’il ne faut pas stigmatiser
ceux qui vivent cette réalité. C’est pour cela que je suis favorable à la création d’un statut de beau-
parent, qui concernerait les familles homoparentales comme recomposées.
Êtes-vous favorable à l’ouverture de l’adoption, simple aussi bien que plénière, de l’enfant par le
second parent si la filiation n’est établie qu’avec un seul parent ?
Non. Ce serait incohérent avec ma position précédente. Par ailleurs, à la différence de l'adoption
plénière, l'adoption simple ne porte que sur l’autorité parentale. Pour résoudre les difficultés de la vie
quotidienne rencontrées par les familles homoparentales, le statut du beau-parent apporte la solution.
Êtes-vous favorable à un assouplissement des conditions de partage de l’autorité parentale, afin
de reconnaître la relation qu’un enfant peut tisser avec des tiers (beaux-parents et co-parents
notamment) sur la base d’un projet familial, et pas seulement quand « les circonstances
l’exigent » ?
Résolument. Et j’insiste sur le fait, car votre question m’y invite, qu’il s’agit de résoudre les difficultés de
la vie quotidienne, mais aussi de donner une force juridique à des liens affectifs qui se créent entre des
enfants et des adultes qui les élèvent, même s’ils n’en sont pas les parents biologiques. Cet amour est
respectable, il est aussi important pour ces enfants que l’amour reçu de leurs parents biologiques. Le
droit doit protéger cette réalité, en particulier en cas de décès ou de séparation.
Êtes-vous favorable à l’ouverture du droit à l’AMP (insémination artificielle avec donneur et
fécondation in vitro) pour les couples de femmes ?
Il est vrai qu’aujourd’hui, pour avoir recours à l’AMP, certaines femmes françaises vont à l’étranger, par
exemple en Belgique. Mais cet état de fait n’est pas suffisant à mon avis pour revenir sur la décision
prise récemment par le législateur français, conformément à l’avis de différentes instances éthiques, de
réserver l’AMP aux couples hétérosexuels en âge de procréer, mariés ou vivant ensemble depuis au
moins deux ans. Je pense qu’il n’y a pas de droit à l’enfant, mais le droit de tout enfant à avoir un père
et une mère. De même, je considère qu’il ne faut pas introduire dans le code civil le modèle d’une
filiation possible entre un enfant et deux mères.
Par quels moyens institutionnels comptez-vous faire aboutir ces réformes éventuelles (projet de
loi ou proposition de loi) et sur quel calendrier ?
La création d’un statut du beau-parent devra faire l’objet d’un projet de loi.
4. Lutte contre les discriminations
Quelles sont vos propositions pour que l’école s’engage concrètement contre les
discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre ?
Je suis extrêmement sensible à titre personnel à la question des discriminations. A l'adolescence,
quand on est fragile, on supporte très mal d’être différent. La stigmatisation de l'homosexualité perçue à
l'école peut produire des effets désastreux sur la construction de la personnalité. C’est ce qui explique
que le taux de suicide des jeunes homosexuels soit supérieur à celui des jeunes hétérosexuels. C’est
pourquoi, il me paraît essentiel de sensibiliser les professeurs et les infirmières scolaires, souvent l’objet
de confidences, à cette question dans leur formation. Il me parait également important de sensibiliser
l’ensemble des adolescents sur la question des différences et de l’homophobie au cours de leur
scolarité.
Quelle politique de lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de
genre comptez-vous mener dans la fonction publique et les entreprises publiques vis-à-vis des
agents et des salarié-e-s, mais aussi vis-à-vis des usager-e-s de l’administration et des services
publics ?
Il faut que les usagers, comme les salariés et les fonctionnaires, sachent qu’en cas de discrimination ou
d’attitude homophobe, une plainte peut être déposée et qu’elle ne restera pas sans suite. Au ministère
de l’Intérieur, j’ai mis en place des modules de formation dans la Police nationale pour sensibiliser les
forces de l’ordre à cette question. Je regarde actuellement ce que fait le Royaume-Uni qui est très en
avance sur nous en ce domaine. Il existe outre-manche des commissions d’égalité des chances ainsi
que des centres de conseil juridique auxquels peuvent s’adresser les personnes qui pensent être
victimes de discriminations. Chez nous, la Halde a été une avancée qu’il faut consolider. Je pense
qu’elle pourrait associer des membres des associations impliquées dans la lutte contre l’homophobie.
De quelle manière comptez-vous mobiliser les partenaires sociaux pour que se mettent en place
des politiques de lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de
genre dans le monde du travail ?
Je souhaite faire de la lutte contre les discriminations directes et indirectes (liées au sexe, à la
préférence sexuelle, à la religion, aux origines,...) dans le monde du travail un axe fort de mon
quinquennat. Les partenaires sociaux devront se saisir de cette question. Mais je veux également
engager, vous le savez, une réflexion générale de la Nation sur le sujet des différences, de la tolérance,
du respect, des discriminations.
Plus généralement, quelles mesures comptez-vous prendre en matière de lutte contre les
discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre dans toutes les politiques
publiques ?
Dès mon arrivée au ministère de l’Intérieur, en 2002, j’ai exigé que les forces de l’ordre fassent preuve
d’une extrême sévérité à l’encontre de tout acte homophobe. En tant que président de la République, je
généraliserai cette attention à tous les secteurs de l’action publique.
5. Personnes trans
Aujourd’hui, les pratiques des tribunaux dans les procédures de changement d’état civil pour
les personnes trans diffèrent grandement selon les juridictions, en particulier sur le recours aux
expertises médicales. Que comptez-vous faire pour que ces procédures soient harmonisées ?
Il me parait fondamental que la justice soit la même pour tous. Je m’engage donc à faire en sorte que
ce principe soit réel, quelles que soient les personnes et quels que soient les territoires.
Êtes-vous favorable à permettre le changement d’état civil sans obligation d’une opération
chirurgicale pour les personnes qui vivent socialement dans le genre opposé à leur sexe
d’origine ?
Actuellement, en France, le changement d'état civil n’est possible qu’après avoir subi une opération
physique. Tout changement en ce domaine nécessiterait par conséquent l’élaboration d’une loi. A mon
sens, cette loi ne saurait intervenir sans qu’il y ait eu au préalable une large réflexion à la fois juridique,
médicale, philosophique et éthique.
Devant les graves lacunes du système hospitalier français (obstruction de la part de psychiatres
idéologues, qualité insuffisante des opérations chirurgicales), comment comptez-vous
réorganiser les soins que nécessitent les personnes trans désirant changer de sexe ? Dans
l’attente, êtes-vous favorable à la prise en charge par la Sécurité sociale des opérations
effectuées à l’étranger, souvent de bien meilleure qualité ?
Je comprends la souffrance qui peut exister face à ces difficultés. Je pense qu’il faut prendre le temps
de la réflexion pour aider au mieux ces personnes qui souffrent. Je n’ai pas d’avis préconçu sur le sujet,
je souhaite qu’une réflexion s’engage.
Êtes-vous favorable à la redéfinition de la liste des affections de longue durée nécessitant une
prise en charge à 100 % des soins, de façon à ce que le transsexualisme et le transgenderisme
ne soient plus définis comme des « troubles graves de la personnalité », notion stigmatisante
pour les personnes concernées ?
Que le transsexualisme soit considéré par principe comme une maladie psychiatrique me choque.
6. Solidarité internationale
Quelle réforme du droit d’asile proposez-vous, pour permettre un accueil des demandeurs
d’asile qui soit respectueux de leurs droits (formation des personnels de l’OFPRA aux
problématiques de persécutions fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre,
reconnaissance des menaces d’origine non-étatiques) ?
Je me suis personnellement engagé dans une réforme du droit d’asile permettant d’éviter le
détournement du droit d’asile par des filières d'immigration clandestine et des passeurs, et de
sauvegarder ce qui fait l'honneur de la France, sa tradition d'asile politique pour toutes les populations
persécutées. Parmi celles-ci, je range bien évidemment les demandeurs d’asile victimes de
discriminations sexuelles. Il est nécessaire que les personnels de l’OFPRA en charge de ces sujets
soient sensibilisés à ces problématiques particulières, notamment au cours de leur formation.
Êtes-vous favorable à la suppression de la notion de pays d’origine sûr ?
La « liste des pays d'origine sûrs » permet de traiter en procédure accélérée les demandeurs venus de
pays où les droits de l'homme sont respectés. En contrepartie, tous ceux qui viennent de pays en état
de guerre ou dans lesquels de graves persécutions sont commises, voient leur dossier traité avec les
moyens nécessaires et dans des délais réduits. Ils sont passés de plus de deux ans en 2002 à douze
mois en 2005. Une suppression de la notion de pays d’origine sûr se ferait au détriment de ceux qui ont
le plus besoin de protection.
Comment comptez-vous intervenir auprès des États et des organisations internationales pour
faire respecter les droits fondamentaux des personnes LGBT persécutées dans plus de 60 pays
dans le monde ?
Je considère qu’il est du devoir de la France de défendre les droits de l’homme partout dans le monde.
Demain, la France sera aux côtés de tous ceux qui souffrent et soutiendra les victimes des abus et des
discriminations quel qu’en soit le fondement, qu’il s’agisse de motifs religieux, ethniques, sexuels ou
professionnels (à l’image de la répression de la liberté de la presse). C’est le rôle que je veux pour la
France sur la scène internationale si je suis élu.
7. La santé des personnes LGBT
Quelle politique de prévention du suicide comptez-vous mettre en œuvre à destination des
personnes LGBT, notamment des jeunes qui courent de 7 à 13 fois plus de risques de faire une
tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels ?
Nombre de jeunes homosexuels ont du mal à s’assumer face au regard des autres ou de leurs parents.
Je veux lutter contre ce mal de vivre. Je pense qu’il est important que, dans les hôpitaux, des services
spécifiques aient pour fonction d’écouter, de comprendre et d’aider.
Quels moyens et quelles orientations seront les vôtres pour mettre en œuvre une politique de
prévention efficace contre le VIH et les IST ?
Il faut informer sans tabou et ne pas relâcher l’effort. Les jeunes, les homosexuels et les migrants sont
des publics à privilégier. Je compte m’appuyer sur les associations qui connaissent le mieux ces
publics.
Quels moyens mettrez-vous en œuvre pour combattre les discriminations subies par les
personnes séropositives ?
Je sais bien que la peur, le manque d'information, la méconnaissance de la maladie et les tabous liés
au VIH et le sida entraînent la stigmatisation et la discrimination des personnes qui sont séropositives.
Les conséquences pour ces personnes en sont graves et augmentent leurs souffrances. La peur de la
discrimination peut parfois empêcher de demander des soins ou de dire ouvertement qu'on est atteint.
Une politique d’information et d’éducation est donc incontournable pour expliquer la maladie, ses
vecteurs de transmission et parvenir par conséquent à diminuer les peurs.
Quelles mesures comptez-vous mettre en œuvre pour que les politiques de prévention destinées
aux femmes (dépistage des cancers du sein et de l’utérus) incluent les lesbiennes, qui sollicitent
moins souvent un suivi gynécologique ?
Le cancer du sein, par exemple, provoque plus de 11 000 décès par an en France. Cela signifie que
toutes les heures une femme décède d’un cancer du sein en France. J’ai donc l’intention de renforcer la
prévention des maladies féminines, ainsi que la recherche consacrée à ces maladies. Une politique
d’information à destination de toutes les femmes sera mise en œuvre pour favoriser les dépistages
précoces et donc le traitement des cancers.