Outre le suspense, la réalité des personnages, L'attrait des écrits de Douglas Kennedy est surtout cet éternel questionnement, que ce soit sur l'humanité, l'Amérique bien-pensante, les hommes et les femmes, ou l'Art. Dans L'Homme qui voulait vivre sa vie, et La Poursuite du bonheur, il pose des questions profondes sur le métier d'écrivain, ou de photographe, et plus généralement sur le lien entre l'art et l'artiste, entre sa création, son don de soi, et les mensonges et douleurs qui en découlent. Il faut voir plus loin que le simple roman à suspense, ou d'amour. C'est au fond des mots que Douglas Kennedy va, et nous emmène avec lui. Un grand auteur moderne, qui ne renie pas son passé, qui garde au fond de lui ses origines, mais qui ne triche pas sur l'humanité. De l'art de voir l'être humain beau dans sa réalité, avec ses défauts, ses désarrois, ses charmes, ses bonheurs, et ses malheurs.
Tous ses personnages en deviennent trés attachants...
CITATIONS DE KENNEDY
* « Ce qui m'intéresse en tant que romancier, c'est d'utiliser les villes comme des personnages et d'y découvrir les frontières visibles ou invisibles qui les traversent.[1] »
* « Tous mes romans ont pour thème le gouffre qui existe entre la mentalité américaine et européenne.[2] »
* « Dans mes livres, je rôde toujours autour de l'idée que chaque homme est très doué pour construire sa propre prison, le mariage étant la prison la plus commune. Le couple rongé par le sentiment confus de culpabilité est l'un de mes thèmes obsessionnels.[3] »
* « Tous mes romans ont été traduits en 18 langues, mais je n'ai plus d'éditeur dans mon propre pays. C'est bien sûr pour moi une blessure.[4] »
* « Je critique dans mes livres la société américaine mais, par les thèmes de mes romans, j'appartiens au fond totalement à cette société.[5] »
QUI EST DOUGLAS KENNEDY?
Douglas Kennedy est né à Manhattan le 1er janvier 1955. Il grandit dans l’Upper West Side, étudie à la Collegiate School (le plus vieux lycée de New York) et au Bowdoin College dans l’état du Maine, avant de partir un an au Trinity College de Dublin, en 1974. De retour à New York, il passe plusieurs mois à travailler sans succès comme régisseur dans des théâtres de seconde zone de Broadway. En mars 1977, entre deux productions, il décide de partir à Dublin pour rendre visite à des amis. Vingt-six ans plus tard, il habite toujours de ce côté-ci de l’Atlantique.
Quelques jours à peine après son arrivée à Dublin, il devient cofondateur d’une compagnie de théâtre. Dix-huit mois plus tard, il rejoint le National Theatre of Ireland en tant qu’administrateur de la branche expérimentale. Il y passe cinq années (1978-1983), pendant lesquelles il commence à écrire, la nuit. En 1980, il vend sa première pièce à la chaîne de radio britannique BBC Radio 4 qui lui en commandera deux autres.
En 1983, il démissionne de son poste au National Theatre of Ireland pour se consacrer exclusivement à l’écriture. Pour survivre, il devient journaliste free-lance, notamment pour l’Irish Times où il tient une rubrique de 1984 à 1986. En 1986, sa première pièce pour la scène est un échec désastreux, tant critique que public. Peu de temps après, l’Irish Times supprime sa rubrique.
En mars 1988, il déménage à Londres, au moment où son premier livre, un récit de voyage, est publié. Deux autres suivront. Ces trois livres reçoivent un très bon accueil critique. Parallèlement, sa carrière de journaliste free-lance connaît également un essor.
En 1994, sort son premier roman, Cul-de-sac , qui sera réédité par Belfond en 2008 dans une toute nouvelle traduction, sous le titre Piège nuptial. En 1997, il est porté à l’écran par Stephen Elliot, le réalisateur de Priscilla, folle du désert.
Son deuxième roman, L’homme qui voulait vivre sa vie (Belfond, 1998 ; Pocket, 1999), connaît un succès international. Son troisième roman, Les désarrois de Ned Allen (Belfond 1999 ; Pocket 2000) est aussi un best seller et un succès critique, traduit en quatorze langues.
La Poursuite du bonheur (Belfond, 2001 ; Pocket, 2003) marque un changement radical. Après trois romans que l’on pourrait décrire comme des thrillers psychologiques, Douglas Kennedy opte pour une histoire d’amour tragique et augmente le nombre de ses lecteurs. La Poursuite du bonheur se retrouve en course pour le Prix des Lectrices de Elle.
Ont suivi Rien ne va plus (Belfond, 2002 ; Pocket, 2004), Prix littéraire du Festival du cinéma américain de Deauville 2003, Une relation dangereuse (Belfond, 2003 ; Pocket, 2005) qui confirme son succès critique et public, Au pays de Dieu (Belfond, 2004 ; Pocket, 2006), l’un de ses trois récits de voyage, Les Charmes discrets de la vie conjugale (Belfond, 2005 ; Pocket, 2007) et La Femme du Ve (Belfond, 2007 ; Pocket, 2008).