“Nicolas Sarkozy n’en finit pas d’inquiéter, notamment lorsqu’il se mêle de démêler l’inextricable question de l’inné et de l’acquis.
Selon lui, la pédophilie serait génétique, de même que le suicide des jeunes. Ainsi donc, on naîtrait selon le candidat de l’UMP avec des tendances au suicide, à la pédophilie, et pourquoi pas si on va dans son sens, avec des prédispositions au crime (la pédophilie n’en est-elle pas un, condamné par la loi ?), à la prostitution (que l’ex-ministre Sarkozy a tellement persécutée), à l’anorexie, que sais-je encore… ah oui, à l’homosexualité?”, écrit un journaliste de Illico, et de poursuivre:
“On voit bien jusqu’où peut conduire ce type de pensée systématique : à l’eugénisme, c’est à dire au risque du choix des enfants à naître selon que leurs futures tendances à… l’homosexualité par exemple, auront été repérées. On reconnaît bien là le socle discours tenu par les ultra-réactionnaires américains qui influencent le président Bush ou, plus proche de nous, par Christian Vanneste. En entendant le candidat Nicolas Sarkozy dire cela, on comprend mieux pourquoi le président de l’UMP Sarkozy n’a jamais véritablement sanctionné le député UMP Christian Vanneste pour ses déclarations homophobes répétées. Car en écho de ces propos de la campagne sarkozyenne, on entend très distinctement le discours de Vanneste sur l’infériorité des homosexuels et la menace que l’homosexualité ferait planer sur la société tels qu’ils les répétaient encore dans un récent documentaire d'Arte. Cela fait froid dans le dos. Et si l’ex-ministre Azouz Begag, qui a partagé deux ans avec lui les bancs gouvernementaux avait raison, lui qui dit de Nicolas Sarkozy qu’il est "un homme dangereux"?
Ainsi donc, même si il a promis une “union civile” rejetée par ailleurs par la quasi-totalité des organisations LGBT, on le sait, Nicolas Sarkozy est contre le mariage et l'adoption pour les homosexuels.
Privés de l'égalité des droits qu'ils revendiquent et que Ségolène Royal leur avait promis, les homosexuels ne sont pas prêts de voir le mariage et l’adoption s’ouvrir à leurs droits.
On dit même qu’il aura déjà beaucoup à faire pour convaincre sa majorité d'adopter son projet d'union civile!
La France va donc prendre davantage de retard à se mettre au niveau de l’Espagne ou du Canada... d’autant plus qu’il semble que les associations homos ne sont pas toutes d’accord entre elles.
Car si certaines estiment que i[“l'union civile présente déjà une amélioration par rapport à l'actuel PaCS et qu'il convient de tenter de lui donner un maximum de substance pour ne pas renvoyer tout progrès à une date incertaine”, d'autres préfèrent “ne pas transiger avec l'exigence d'égalité, par principe et aussi pour pas prendre le risque d'hypothéquer pour longtemps l'accès au mariage et à l'adoption”.
Du côté de Gay lib’ qui voit dans l’adoption de l’union civile "non pas une fin en soi mais une étape", "Nous agissons par pragmatisme".
Pour Gay Lib’, l’union proposée n’est rien moins que le "mariage homo néerlandais, ni plus, ni moins." Mais aboutira-t-elle seulement?
Car pour l’UMP, “Le mariage en France, c’est "le couple, le projet familial et le sacrement religieux qui accompagne la cérémonie civile." On n’y touche pas parce que Nicolas Sarkozy ne veut pas" explique-t-on à Gay Lib’.
"Nicolas est un homme libre et courageux, affirme Pierre Lellouche. Il fera ce qu’il a dit." Confiante aussi, l’équipe de Gay Lib’ qui estime avoir bien travaillé avec Nicolas Sarkozy ces dernières années. Pourtant, nombre de députés sont hostiles aux propositions de Nicolas Sarkozy et les députés pro gay se comptent sur les doigts d’une main à l’UMP.
Alors y aura-t-il une majorité pour voter, à l’automne, l’union et le statut du beau parent?
"Nous avons progressé. Il faut voir d’où nous venons, explique Roselyne Bachelot. C’est vrai que les réticences sont énormes mais le travail mené par Gay Lib’ a permis d’apaiser le débat. Nous sommes plusieurs à être favorables à ces mesures. Cela constitue un ferment. Cela ne fait pas une majorité."
Alors, comment faire adopter ces textes ? "L’union civile a été votée par 97 % des représentants de l’UMP" explique Gay Lib’ en se voulant rassurant. "Cela suffira-t-il à rassurer les gays?" s’interroge Illico. Nous réitérons la question…
Face à cet avenir des plus flous, le principe de precaution s’impose, le combat pour l'égalité des droits reste ouvert.
Raphaelle