|
||||||
Jocelyne Lauret, présidente du CTR: 2000 homos pour 2006Augmenter la fréquentation des gays et lesbiennes à La Réunion, tel est l'objectif affiché du Comité du Tourisme de La Réunion. Si pour certains c'est déjà trop, pour d'autres, c'est encore peu… Quoi qu'il en soit, ça bouge à La Réunion en matière de tourisme gay. Jocelyne Lauret, présidente du Comité du Tourisme de La Réunion fait le point pour nous.
S’il est un personnage local qui fait bouger les choses concrètement pour les gays, c’est bien Jocelyne Lauret, la présidente du CTR (et son équipe). Sans préjugés ni tabous, mais avec conviction, elle a mis en place la première Charte Gay Friendly des Dom et entend bien continuer à faire changer les mentalités sur le sujet. On l’apprécie pour sa disponibilité, son ouverture d’esprit, sa sincérité, mais aussi et surtout, pour son franc parler. Elle le dit clairement: les gays et lesbiennes existent et constituent une clientèle à fort potentiel pour le tourisme. Cela a au moins le mérite d’être clair!
Pour certains, la Charte Gay Friendly mise en place en 2004, est synonyme de ghetto, était-elle nécessaire pour développer le tourisme gay à La Réunion?
Cette charte est présente dans de nombreux pays, elle est au contraire un refus de la discrimination. Par exemple, un couple homosexuel ne peut pas, dans certains hôtels, bénéficier des tarifs réservés au couple. C’est pour remédier à ce type de problèmes que la charte existe. Les professionnels du tourisme s’engagent ainsi à accueillir convenablement la communauté homosexuelle.
Aujourd’hui qui adhérent à la charte et combien sont-ils?
Tous les établissements touristiques peuvent demander à adhérer à la charte. Mais il faut répondre à certains critères. On vérifie par exemple si l’établissement en question a déjà montré un réel engagement en faveur de la communauté homosexuelle, on les rencontre... Et puis après, il y a un suivi de ces établissements.
Est-ce qu’il y a une réelle demande de la part de la communauté homosexuelle pour la destination Réunion?
Oui, il y a une demande. Au niveau de l’Office du Tourisme, on a chiffré à 240 le nombre d’homosexuels qui voyageaient à La Réunion en 2005. Nous espérons qu’il y en aura 2000 cette année. Ça peut paraître peu, mais c’est déjà une réelle avancée. Et puis nous travaillons aussi en collaboration avec un tour-opérateur.
Est-ce que c’est un changement de stratégie touristique ou est-ce que c’est plutôt une ouverture?
C’est une ouverture. Il faut que la société accepte les différences. Le but est de diversifier la clientèle. Et puis c’est aussi une porte d’entrée sur l’Afrique du Sud car l’accueil Gay Friendly est déjà mis en place là-bas depuis longtemps. Dans le même esprit de diversification, nous voulons ouvrir nos offres aux personnes handicapées, en ciblant l’adaptation des structures d’accueil. Tout le monde a droit au voyage.
Ça ne veut donc pas dire que les hétérosexuels (ou les bisexuels) ne sont pas les bienvenus à La Réunion?
Non bien sûr. Au contraire. C’est ce qui fait la force de la Charte Gay Friendly, le but n’est pas de créer des isolements, mais de brasser le plus de personnes différentes possible, dans un esprit de convivialité. Chaque personne est la bienvenue. Les homosexuels, ceux qui luttent contre l’homophobie, ceux qui n’ont pas d’idées sur la question...
Comment se porte le tourisme gay après la crise du chikungunya?
Si la charte est une bonne «niche» touristique, il me paraît difficile qu’elle puisse relancer le tourisme à elle toute seule. A noter tout de même qu’il n’y a eu aucune défection de la communauté homosexuelle à cause du chikungunya, comme c’est le cas pour beaucoup de personnes.
Peut-on dire aujourd’hui que la Charte Gay Friendly appuie cette phrase: La Réunion, île de tolérance?
Oui, c’est tout à fait ça. C’est ce qui fait notre richesse et notre force.
Que pensez-vous de la polémique qui entoure la plage de la Souris-Chaude à Trois-Bassins? (NDLR: le maire veut fermer cette plage connue pour être un lieu de naturisme et de rencontres homosexuelles)
La position du maire Pierre Heideger est une contre-publicité pour nous. Cela va à l’encontre de tous nos principes. Nous avons des touristes qui se sont plaints, car ils se sont fait verbaliser à la Souris-Chaude. C’est dommage de se faire verbaliser parce qu’on va tranquillement à la plage.
Où en est la situation à l’heure actuelle?
Pour l’instant la situation est bloquée car le maire de Trois-Bassins est quelqu’un de très entêté. Nous espérons que ça va changer. Nous avons suggéré au TCO (Territoire des Communes de l’Ouest) d’ouvrir la réflexion sur le sujet puisque la commune se trouve sur leur territoire. Nous attendons la suite.
Entretien: L.B.
Lu 682 fois
Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable
Réagissez à cet article, votre avis nous intéresse
Nouveau commentaire :
Dans la même rubrique :
|
AUTOUR D'UN CAFÉ
VOS REACTIONS
+ DE VISITEURS
+ DE REACTIONS
action prevention
adoption
associations
bug
cinéma
coming out
concerts
débats
déco
dédicaces
deneuve
discrimination
documentaires
dossiers
dvd gays
dvd lesbiens
écouter
édito
émissions
évasion
expos
film
gay
gay pride
gayfriendly
gays
hébergements
homoparentalité
homophobie
homosexualité
infos du monde
interview
interviews
jennifer beals
jeux
le guide
lesbien
lesbienne
lgtb
lire
livres gay
livres lesbiens
madonna
magazines
mariage
meteo
monde
musique
noah's arc
people
plages
politique
potins
presse
royal
runattitude
sakifo festival
santé
sarkozy
série
séries
sida
soirée
soirées
sondages
sorties
sortir
souris chaude
stars
télé
the l word
tourisme
tv
vidéo
vidéo pour elle
vidéo pour lui
vidéo pour rire
vidéos pour elle
voir
voyager
|
|
||||
|
Copyright 2006/07 - Runattitude.com - Tous droits réservés -
|
||||||






