Quelques semaines après la rencontre de représentants de Gay Union avec le Commandant Michel, deux membres de l’association sont intervenus auprès de tous les capitaines de brigades de gendarmerie de l’île (une quinzaine) réunis à la Mairie de Saint-Leu, le 12 décembre 2006.
Un des hommes présents nous a confié qu’il avait accepté la rencontre avec les représentants de notre association seulement parce que sa hiérarchie avait insisté. Même si, dans un premier temps, les officiers étaient un peu sur leur garde, les échanges ont eu lieu dans une ambiance sereine et ont été, nous l’espérons, constructifs.
Nous avons d’abord expliqué à nos interlocuteurs quel était le vécu des homosexuels à La Réunion, puis nous avons lancé un débat concernant les problèmes de la Souris Chaude.
Les gendarmes ont tenu à nous rappeler que les actions engagées sur ce site en 2005 étaient liées à une vaste opération de lutte contre la délinquance, celle-ci ayant augmenté au cours de l’année concernée. Tout l’ouest de l’île a ainsi été ratissé. Un gendarme nous a affirmé avec vigueur ne pas recevoir d’ordres de la part du Maire de Trois Bassins.
En outre, sur le site de la Souris Chaude, la population gay n’aurait jamais été ciblée. En effet, le lieu attirerait des personnes se livrant à des activités illicites: exhibitionnistes, voyeuristes, prostitués mineurs (deux cas identifiés), dealers, agresseurs. Il serait donc nécessaire, pour le bien de tous, de surveiller la plage et ses accès.
Les protocoles appliqués pour aborder les personnes présentes sur le site (ex. : la question «Que faites-vous ici?») seraient les mêmes qu’en tout autre circonstance (ex. : la sécurisation d’un parking de boîte de nuit).
La plupart de ces affirmations nous paraissant relever de la langue de bois, nous avons essayé d’engager un débat, au cours duquel les officiers ont fait preuve d’une plus grande spontanéité.
Ce débat a en partie porté sur la manière d’aborder les usagers du site: nous avons essayé de faire percevoir aux gendarmes l’absurdité des questions posées, lorsqu’elles mettent l’interlocuteur dans l’impossibilité de répondre et qu’elles suscitent un supplément de mal-être chez des personnes parfois fragiles psychologiquement.
Nous avons conclu sur la nécessité d’une meilleure communication, pour que ceux qui fréquentent la Souris Chaude perçoivent les passages des gendarmes comme une garantie de la sécurité de tous et non comme une forme d’agression.
Gay Union a été invitée à poursuivre ses actions de sensibilisation, auprès des gendarmes de terrain, cette fois-ci, à la brigade de Saint-Gilles, notamment.